Organe essentiel au bon déroulement de la grossesse, le placenta est le lieu de tous les échanges vitaux entre la mère et le fœtus. De quoi se compose-t-il ? Quels sont ses différents rôles ?

Le placenta, un organe fascinant

Le placenta est un organe éphémère et autonome: il se forme spécialement durant la grossesse pour assurer le développement du fœtus et est expulsé environ 30 minutes après l’accouchement. Cette « galette » épaisse commence à se former dès l’implantation de l’embryon dans la muqueuse utérine. Le placenta devient totalement fonctionnel au bout de 3 mois et est complètement formé au 5e mois.

Légende : 1. Cordon ombilical / 2. Veine ombilicale / 3. Artère ombilicale /

4. Veine maternelle / 5. Artère maternelle / 6. Villosités

De quoi le placenta est-il formé ?

Le placenta est une sorte d’éponge constituée d’un réseau de veines et d’artères appelées villosités. Sur une face, ces villosités sont ancrées à la paroi de l’utérus et captent le sang de la maman. L’autre côté du placenta est recouvert d’une pellicule transparente et raccordé au bébé par le cordon ombilical. La circulation du bébé et de sa maman sont ainsi reliées, sans jamais que leur sang ne se mélange.

Le placenta mesure 15 à 20 cm de diamètre, 3 cm d’épaisseur et pèse jusqu’à 500 g. Il possède une surface totale d’échange d’environ 14m2 et un réseau sanguin long de 40 à 50km.

Quel est le rôle du placenta ?

Le placenta est une sorte de plateforme d’échange entre la mère et le bébé. Il revêt plusieurs fonctions:

  • Il permet au bébé de puiser dans le sang maternel l’eau, les nutriments et l’oxygène nécessaires à son développement.
  • Il joue un rôle de barrière protectrice en bloquant certaines microbes et substances. Toutefois, certains parasites (toxoplasme), germes (listéria, syphilis), virus (HIV, cytomégalovirus, hépatite B…), molécules médicamenteuses ou substances toxiques (tabac, alcool, drogue) peuvent franchir le placenta et entraîner des lésions parfois graves.
  • Il assure l’élimination des déchets organiques produits par le bébé (urine, dioxyde de carbone…) que ses reins et son foie, encore trop immatures, ne sont pas capables de supprimer.
  • Il fabrique et sécrète différentes hormones essentielles au bon développement de la grossesse et du bébé.

Lors de la nidation, le placenta défend l’embryon en neutralisant les anticorps maternels. Il évite ainsi que le système immunitaire de la mère n’attaque le fœtus, considéré comme un corps étranger. 

Dr Millie Marin Ponce, gynécologue-obstétricienne

Le placenta a une durée de vie d’environ 9 mois. Lorsque la grossesse dépasse le terme, il est possible que le placenta vieillisse et n’assure plus bien sa fonction d’échange.

C’est pourquoi la future maman et son bébé sont suivis de près. Si le bébé se porte mal, l’équipe médicale déclenchera l’accouchement.

Les anomalies du placenta

  • Le décollement du placenta (ou hématome rétro placentaire) correspond à une perte d’adhésion prématurée d’une zone du placenta à la paroi utérine. Cette zone peut être plus ou moins grande et les conséquences, donc, plus ou moins graves. Ce décollement provoque une accumulation de sang dans l’utérus, qui peut dans certains cas se traduire par des pertes de sang vaginales. En cas de saignements vaginaux, il est donc important de se rendre immédiatement à l’hôpital.
  • La pré-éclampsie : cette maladie de la grossesse est causée par un dysfonctionnement du placenta. Ce dernier libère une quantité accrue de débris placentaires et de cellules fœtales dans le sang de la maman. Conséquences : une augmentation de la pression artérielle et de la quantité de protéines dans les urines.
  • Un mauvais positionnement du placenta : en temps normal, le placenta est situé dans la partie supérieure de l’utérus. Dans certains cas, il arrive que le placenta soit mal inséré dans l’utérus et se positionne ailleurs, ce qui peut engendrer des complications (saignements, rupture de la poche des eaux…). Le placenta prævia désigne un placenta situé dans le bas de l’utérus, au niveau du col. Si le col est totalement recouvert, l’accouchement doit se faire par césarienne.

Manger son placenta ?

Aux États-Unis, une nouvelle mode a fait son apparition ces dernières années: la placentophagie – ou le fait de manger son placenta. Généralement déshydraté et consommé sous forme de gélule, le placenta peut aussi être consommé cru ou cuit. Dans nos pays, une maman peut généralement demander d’emporter son placenta à la maison, mais cette pratique reste encore très minoritaire.

Les mérites ventés sont nombreux : la placentophagie lutterait contre la dépression postnatale, favoriserait la production de lait, soulagerait la douleur ou améliorerait l’élasticité de la peau. À ce jour, aucune étude scientifique n’a toutefois prouvé les bienfaits (ou les méfaits) de l’ingestion du placenta.

Article réalisé sous la direction du Dr Millie Marin Ponce, gynécologue-obstétricienne
Date de publication : 28-06-2018