Aux alentours de la 22e semaine, vous allez passer la deuxième échographie,
dite « morphologique ». À quoi sert-elle et comment va-t-elle se dérouler ?

En Belgique, trois échographies sont prévues pendant la grossesse et remboursées par l’INAMI. La deuxième est en général programmée à la 22e semaine d’aménorrhée (absence de règles), au 2e trimestre. Cette échographie dite « morphologique » est particulièrement importante car elle vise à examiner votre bébé sous toutes les coutures afin de vérifier que son développement se déroule normalement et qu’il ne souffre d’aucune malformation.

Un examen de dépistage

La technique utilisée sera la même que pour votre première échographie : (1) le gynécologue passe sur votre ventre une sonde qui émet des ultrasons, qui sont à leur tour (2) renvoyés par les tissus qu’ils rencontrent, ce qui permet (3) de créer une image du fœtus.

Toutefois, il s’agit d’un examen plus poussé, consacré au dépistage d’éventuelles anomalies. Le gynécologue doit suivre un cahier des charges précis avec une série de points à vérifier :

  • Il analysera chaque élément de la morphologie du bébé : cerveau, visage, thorax, cœur, colonne vertébrale… pour vérifier qu’il se développe normalement.
  • Il évaluera sa croissance (poids et taille), l’aspect du placenta et son lieu d’insertion, la quantité de liquide amniotique

C’est aussi le moment où il confirmera le sexe du bébé, si ce n’était pas déjà fait à la première échographie.

En pratique

  • La consultation dure environ 30 minutes. Le gynécologue analyse les images en direct et il vous rassurera sur les résultats en fin de séance.
  • 48 heures avant l’échographie, veillez à ne pas appliquer de corps gras (crème anti-vergeture, huile…) sur votre ventre car ils constituent une barrière aux ultrasons, ce qui donnera une image de moins bonne qualité.
  • Comme c’est un examen plus poussé qui nécessite de l’entraînement, il est possible que votre gynécologue vous réfère pour cette échographie spécifique vers un confrère qui a plus d’expérience en la matière.
  • Il arrive qu’on doive compléter l’examen lors d’un rendez-vous ultérieur si le fœtus était dans une position peu favorable pour l’examen.

L’écho Doppler : un examen complémentaire

Lors de ce rendez-vous, il est possible que votre gynécologue utilise une technique complémentaire appelée « Doppler ». Cet appareil utilise également les ultrasons, pour analyser le flux sanguin entre le fœtus, le placenta et vous. En évaluant les flux sanguins, il permet de dépister certaines pathologies, telles que la pré-éclampsie.

Si une échographie est un moment émouvant, auquel vous avez envie d’associer vos proches, gardez en tête qu’il s’agit d’un examen médical. Le gynécologue a besoin de concentration pour réaliser un bon dépistage. Évitez d’amener trop de personnes, en particulier des enfants, car la séance dans une ambiance sombre peut s’avérer angoissante pour eux, surtout si une anomalie est détectée.

Dr Xavier Capelle, gynécologue-obstétricien - CHU de Liège

Quelle différence avec l’écho 3D ?

Il ne faut pas confondre l’échographie morphologique avec l’échographie 3D, souvent associée aux images très réalistes du visage du bébé, comme une photo couleur.

L’écho morpho se fait principalement en 2D, ce qui donne des images en noir et blanc peu évocatrices pour un œil non averti.

La plupart des appareils d’échographie sont aujourd’hui équipés de la technologie 3D mais elle est rarement utilisée pour l’échographie morphologique. Elle est par contre très utile dans certains cas où il faut analyser une structure anatomique en détail.

Certains gynécologues proposent d’utiliser la technique de surfaçage 3D pour vous donner un aperçu plus réaliste du bébé mais ce n’est pas du tout nécessaire et pas toujours réalisable en fonction de la position qu’adopte le fœtus pendant l’examen.

Et si une malformation détectée ?

Si le médecin pense avoir détecté une anomalie, il vous proposera d’autres échographies plus poussées. Dans ce cas, la 3D peut être intéressante. Une hypothèse de diagnostic peut être émise, mais celle-ci doit souvent être confirmée par des examens complémentaires : IRM, scanner, prise de sang ou prélèvement de liquide amniotique (amniocentèse) pour réaliser une analyse génétique…

Une fois le diagnostic posé, différents spécialistes interviendront pour discuter avec vous des possibilités de prise en charge du bébé.

Article réalisé sous la direction du Dr Xavier Capelle, gynécologue-obstétricien au CHU de Liège

Date de publication : 09-10-2018